Y a-t-il une relation entre l’enfant syrien, Aylan Kurdi, échoué sur une plage de Turquie, au matin du 2 septembre dernier, et l’enfant palestinien, Jésus, emmailloté et couché dans une mangeoire, il y a plus de 2000 ans à Bethléem?  Y a-t-il un rapprochement à faire entre les deux bambins? Oui, leur nom à fait le tour du monde3, bien que se soit à deux vitesses fort inégales : pour le premier, quelques heures; pour le deuxième, quelques siècles.

La mort de l’un et la naissance de l’autre dans des conditions extrêmes ont suscité beaucoup d’émotions dans le monde entier, le premier ayant été rejeté par la mer et de deuxième par la place d’hôtes.

L’un et l’autre sont sans patrie, leurs parents sont en chemin; ce sont des familles migrantes.

Les deux provoquent des questions existentielles chez leurs parents. Le sort du jeune syrien a soulevé l’interrogation dramatique dans le cœur de son père seul survivant de cette famille en quête de liberté : «Qu’est-ce qui me reste en ce monde»? Quant à Marie, elle a cherché le des événements entourant la naissance de son fils.

Les deux enfants sont l’un et l’autre des icônes : le premier, celle du désastre humanitaire provoqué par une guerre civile de quatre ans, qui a fait, à date 250 000 morts; le second, l’icône de la paix sur terre pour les hommes bien aimés de Dieu.

Les deux sont identifiés à une religion : Aylan Kurdi, à la musulmane, Jésus-Christ, à la chrétienne. Or, sans faire la part des choses, 45% des gens du Québec, selon une donnée de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, ont une image négative de la religion. Ce qui se traduit notamment par la crainte de voir 25 000 migrants de confession largement musulmane arrivés au Canada.

Comment aider les nôtres à passer de l’accueil du religieux plutôt que de rester dans le soupçon et la condamnation de la religion? L’un des moyens est de dresser une crèche de Noël, à l’extérieur de la maison près de la rue. La crèche est une parole que tout le monde peut comprendre car elle est simple et accueillir car elle est douce, chaleureuse et joyeuse. Qui a peur de la religion de la crèche?

A Victoriaville et dans sa région, année après année, depuis 2000, nous dressons par dizaine, des crèches au bord de la rue. L’activité s’appelle« crèches en fête».

Chaque année nous donnons à cette activité les couleurs du temps. Cette année, nous proposons d’écrire au-dessus ou dans la crèche : «Je suis l’enfant syrien échoué sur une plage de Turquie» (Jésus).

Dressé une crèche par les rues est un acte missionnaire qui répond à la demande pressante du pape François, de sortir, et d’aller annoncer l’Évangile aux périphéries du monde. C’est un acte missionnaire parce que la grande majorité des gens du Québec ignorent ou ont oublié le lien entre Noël et la naissance de Jésus à Bethléem. Noël est la fête de notre famille, en l’absence de celle de Jésus. Crèches en fête, c’est Joseph qui s’invite avec Marie et l’enfant.